Je n’ai fait que passer à SAIGON (HO CHI MINH). Le temps pour moi de constater qu’une ville aussi bruyante et agitée ne pouvait me retenir davantage que les quelques heures consacrées à une courte visite. Arrivé lundi en soirée, après un vol sans histoires, je suis reparti dès le lendemain midi en direction du delta du Mékong. SAIGON n’a eu sur moi aucun effet, certains semblent pourtant y élire domicile, dans le quartier « routard », attirés par les néons et la vie nocturne.

Il m’a fallu 3 heures de bus pour rejoindre la ville de VINH LONG, située à 130 km !! sans compter la durée du trajet pour me rendre avant à la gare routière…ça passe vite une journée au VIETNAM !! Il ne me restait plus qu’à prendre enfin le bac pour me rendre sur l’île de AN BINH, le but de cette étape.

Quitter le matin une ville de presque 10 millions d’habitants et se retrouver ici le soir m’a conforté dans mon choix. Je suis logé dans une « Homestay », un gîte de quelques chambres rustiques, ouvertes sur la nature, sans carreaux aux fenêtres et construites en bambou. Je suis l’unique occupant des lieux !! L’accueil est chaleureux, le prix de la pension est de 9 euros, dîner, petit-déjeûner et vélo inclus !!

J’ai donc dès mardi soir soir affronté mon premier repas rabelaisien : soupe, tofu et riz, nouilles avec oeufs et légumes, fruits, incroyable, quel accueil !!

A la nuit tombée, les bruits et les sons émis par les insectes et autres animaux remplacent avantageusement les klaxons de la ville. Je me sens beaucoup mieux dans cet endroit paisible. Le confort n’est pas synonyme de bien-être et j’apprécie ma nouvelle chambre spartiate. Le matin c’est au tour des coqs et des oiseaux de prendre le relais et de m’accompagner dans mon réveil, je savoure ce bonheur simple.

AN BINH est située entre deux bras du Mékong, et est constituée de nombreux ilots plantés d’arbres fruitiers, principale ressource de ses habitants. Cet ensemble compte quatre villages reliés par des chemins en béton et petits ponts, la circulation n’est pas évidente. Pour l’avoir expérimenté en vélo, mieux vaut ici s’abstenir de boire !! d’autant qu’aujourd’hui les motos sont utilisées de plus en plus, les croisements deviennent de plus en plus périlleux !! au pire c’est la chute dans le marigot ou le canal !!

Le propriétaire du gîte me propose une balade en bateau de 4 heures jusqu’à CAI BE, et son marché flottant, sur l’autre rive du Mékong. Nous traversons les canaux de l’île, c’est le meilleur moyen pour découvrir la vie de cette région. L’animation est perpétuelle et nous rencontrons de multiples embarcations, barques chargées de fruits et bateaux de marchandises. Je croise même « L’Amant » (le bateau) et me voici soudain projeté dans la passion amoureuse vécue par Marguerite DURAS.

Regarde nous, regarde comme on est bien, comme je te touche, comme je te caresse. Pourquoi se demander si on s’aime ? Si tu as besoin de verbaliser ton amour, le mien passe par le regard. Te voir me suffit.

Marguerite Duras – L’AmantDSC_04360000

J’imagine aussi la fascination que pouvait exercer ce fleuve au début du 20ème siècle. Aujourd’hui, il est toujours aussi vivant, il irrigue généreusement les rizières et les jardins fruitiers du delta. Il représente un moyen de transport indispensable. Chacun est ici dépendant du Mékong.

Je suis convié à un spectacle, les heures passent vite à contempler cette vie aquatique, à observer les gestes du quotidien de ces bateliers et pêcheurs. Je suis heureux d’être passé par ici, un peu à l’écart des circuits habituels, au contact de gens charmants dont je n’oublierais pas l’accueil et la qualité des …. repas !!!

D’île en île et pour poursuivre ma quête d’endroits calmes, je vais maintenant me rendre à PHU QUOC, dans le golfe de Siam, je me rapproche chaque jour un peu plus du CAMBODGE.DSC_04900000